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La Fête de Mai, qu'est-ce-que c'est?

A l’initiative de quelques citoyens, La Fête de Mai a vu le jour en 2001 sur la commune de Gesves. Son objectif s’inspirait d’un projet comparable découvert en France : Le Vent des Forêts en Meuse.

Elle a été organisée de 2001 à 2006 et en 2008 par l’asbl La Fête de Mai et en 2007 et 2010 par l’association de fait, Murmures en mai.

Preuve de son originalité, la manifestation est dès le départ soutenue par les pouvoirs publics (Communauté française, Région wallonne, Province de Namur, Commune de Gesves). A partir de 2003, le projet La Fête de Mai a fait partie de la programmation Leader + (Gal « Gesves, Assesse ») et a donc été subventionné par l’Union Européenne afin d’y associer des activités à caractère social.

Cet apport de subsides importants a permis à La Fête de Mai de se distinguer par la venue d’artistes internationaux voire d’autres continents. Ce brassage artistique, culturel et social a apporté à la manifestation et aux citoyens, une richesse d’échanges hors du commun. 

Sur le plan artistique, elle s’est donnée pour but de « réunir une population rurale afin de la faire participer à la réalisation, en pleine nature, d’œuvre artistiques qui appartiendront à la collectivité ». Cet objectif est rempli avec succès puisqu’on dénombre la création des origines à aujourd'hui de plus de septante oeuvres.  Une trentaine d’œuvres sont toujours visibles aujourd'hui dans le paysage. Si on tient compte du fait qu’elles sont librement et gratuitement accessibles à tous (du 1er janvier au 31 décembre), qu’elles ont été construites pour la plupart en matériaux naturels, c’est un magnifique résultat, 10 ans d’intempéries plus tard.

Les 79 projets sélectionnés et réalisés ont été le fait d’artistes belges ou étrangers, professionnels ou non, la manifestation ayant voulu marquer dès les origines ses distances avec le mode de consommation classique de la culture et encourager les initiatives originales et porteuses de sens. Ainsi des projets hors du commun, forts, portés par des citoyens d’origines diverses, belges ou non, mais également par des étudiants ou des élèves de nos écoles supérieures ou primaires, ont été développés et créés à travers les vertes vallées condruziennes de Gesves et de ses alentours (Assesse, Namur, Andenne et Profondeville).

Toutes les œuvres ont été sélectionnées par un jury composé majoritairement d’habitants.  Les matériaux, suivant un cahier des charges fournis par l’artiste,  ont été fournis par l’association. Les artistes ont été aidés par des habitants et les œuvres et sentiers ont été entretenus par une équipe de bénévoles au cours des années.

On le comprend, la Fête de Mai, est un projet collectif qui se distingue des initiatives muséales et artistiques classiques par une forte interpénétration citoyenne, dont le bilan social est intimement lié au bilan artistique.

Cet aspect artistique s’est également doublé, à de multiples reprises, d’un volet plus largement socio-culturel, passant par l’accueil de concerts, de petites formes théâtrales, de spectacles pour enfants, débats, rencontres, conférences, bal de clôture.

La manifestation s’était également proposée de « redécouvrir et faire redécouvrir nos sentiers, nos vallées, nos sites naturels ». Là encore, on peut incontestablement parler de réussite avec, en dix ans, plus de vingt-trois sentiers tracés par monts et par vaux, menant aux différents sites d’implantation des œuvres.  Et s’il est impossible, bien entendu, de dénombrer les randonneurs qui ont emprunté les sentiers tracés au cours de ces dix dernières années (notre seul indice de fréquentation est l’auto-entretien du sentier par les randonneurs eux-mêmes), soit lors des quinzaines de fête, soit tout au long de l’année, il est par contre possible d’apprécier deux indicateurs symboliques.

 D’abord, la carte des sentiers pédestres éditée par la Fête de Mai – dont la dernière version papier remonte à 2005 – sert encore aujourd’hui à de nombreuses associations de marcheurs pour réaliser et particulariser leurs promenades « grand-public ». Aujourd’hui encore, des écoles, des associations et des entreprises nous contactent pour organiser, dans notre région, leur sortie annuelle. En effet, visiter des œuvres artistiques dans la nature permet d’allier, de façon particulièrement originale, culture et « bol d’air ».

En outre, l’étude récente du GAL Tiges et Chavées (Groupe d’Action Locale, indépendant de la Fête de Mai), réalisée sur les territoires d’Assesse, de Gesves et d’Ohey, identifiait, en juillet dernier, les initiatives les plus à même de servir positivement la réputation de la sous-région. Relancer la Fête de Mai constituait l’une des six priorités mises en lumière par l’étude qui considérait, nous citons, « La Fête de Mai comme l’un des événements les plus porteurs de la région ». L’étude précisait également que si « La Fête de Mai était passée à un mode mineur ces dernières années, l’attachement des habitants et des touristes pour cette activité restait fort. Il serait bon qu’elle retrouve sa pleine puissance. »

Permettant à des visiteurs extérieurs de découvrir notre somptueux paysage (à 45 minutes de Bruxelles et de Liège) d’une manière complètement naturelle (ni bruit, ni moteur, ni odeur… soit extrêmement peu de nuisances pour les habitants), rendant son patrimoine disponible 7 jours/7 et 365 jours/an, la manifestation a aussi, sans doute, conduit les Gesvois à mieux connaître leur environnement : ses chemins, ses bois, ses champs, ses ruisseaux et ses coins perdus.

Soucieux de prolonger l'expérience positive de cette manifestation, dont on voit suffisamment les conséquences artistiques, touristiques, éducatives et sociales, quelques citoyens ont souhaité relancer la manifestation. Dans l'optique de structurer sa gestion, une nouvelle association, Vagabond'Art ASBL, a été créée le 17 novembre 2010. Le nom de la manifestation, La Fête de Mai, sera conservé.